Bingo le Posstit

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Bingo Pacquet est un posstit jouissant d’une vie tout ce qu’il y a de plus confortable (à l’exception de ses pieds atrophiés, arthritiques et éléphantiasiques) et rien ne semble pouvoir troubler la quiétude de ses jours. Son bonheur prend malgré tout fin lorsque le magicien Glandalf (sourd, empoté et toussant à plus finir) et une compagnie de nains (tous assez poltrons) arrivent un beau jour pour l’emmener à l’aventure. Ils projettent de braquer le trésor (c’est du moins ce qu’ils prétendent) gardé par Snob, un gros dragon très ennuyeux. Bingo, et on le comprend, est des plus réticents à s’engager dans cette folle entreprise, mais une dague naine poliment pointée sur sa gorge le pousse à accepter (à sa grande surprise), et les intrépides compagnons embarquent pour une quête à l’air vraiment épique (du moins jusqu’à ce qu’on lise ce qui est arrivé par la suite à son malheureux cousin). Ah oui : Bingo découvre aussi une espèce d’anneau - mais Dieu seul sait ce que c’est que CETTE histoire...

Et nous voilà avec une parodie basée sur l’œuvre de Tolkien… Cette fois, il s’agit donc de « Bilbo le Hobbit », passé à la moulinette par Adam Roberts. Eh oui, l’auteur « légendaire » qui se cache derrière « La Der des Etoiles » (2005) ou bien encore « Va Dinci Coddah » (2006)… Oui, le décor est planté, et l’on pourrait pour ainsi dire s’arrêter là. Il s’agit d’une vague variante de l’histoire originelle, notes de bas de page à profusion, jeux de mots souvent bien trouvés…

Il ne s’agit pas de critiquer ici le fait que Tolkien soit parodié, même si j’estime que c’est une honte. Aucun gag ou jeu de mots ne semble avoir demandé de longues minutes de réflexion, l’histoire se repose paresseusement sur l’intrigue de l’œuvre d’origine (malgré deux ou trois épisodes se voulant originaux), et ne parlons pas des notes de bas de page… Elles sont le plus souvent un véritable calvaire de par leur longueur et les digressions qu’elles occasionnent. Ajoutons à cela un rythme très mal géré, souvent beaucoup trop lent pour accrocher le lecteur au-delà de l’humour proposé.

En bref, pour toucher au sommet de la fantasy ou de l’humour, il faudra repasser, car ce n’est pas cet ouvrage qui aura de quoi satisfaire les amateurs de l’un ou de l’autre.

Adam Charles Roberts écrit sous les pseudonymes A.R.R.R. Roberts, A3R Roberts and Don Brine. Il est professeur à l’Université de Londres, critique littéraire et auteur de nouvelles. Il écrit également des parodies très souvent appréciées et saluées par ses confrères.

ROBERTS A.R.R.R., Bingo le Posstit, traduction de Karim Chergui, illustration de Paul Mafayon, Milady

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