Porte (La)

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Ville de Dabort, de nuit. L’inspecteur Otten dresse le périmètre de sécurité tout en se remémorant ce qu’il vient de voir à l’intérieur de la maison. Cuisine : sécateur, traces de sang et bougies consumées sur le plan de travail. Collier de serrage et amas de cheveux blonds près du radiateur. Hypothèse : crime rituel.

 

Avec son deuxième roman, Samuel Paladino convoque avec un talent certain les éléments plutôt classiques du répertoire de la terreur. Maison aux portes secrètes, personnages fantomatiques, petite famille assaillie de toute part, tensions mortelles et narration labyrinthique, j’en passe et de meilleurs.

S’il y a bien un adjectif qui sied à cet auteur débutant, c’est « généreux ». On n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer dans les couloirs de cette demeure où petits et grands vont peu à peu découvrir la tapisserie de plus en plus sombre d’un cauchemar savamment organisé. Généreux, Samuel Paladino l’est aussi avec ses personnages qui n’ont pas une seconde de répit, lancés dans un tourbillon de séquences plus traumatisantes les unes que les autres.

Et c’est, peut-être, ce foisonnement qui constitue également le petit défaut de ce roman. Au fil de la lecture on a parfois l’impression que l’auteur a tellement peur de s’ennuyer qu’il remplit sa narration jusqu’à l’excès, jusqu’à oublier certaines des règles qu’il se fixe lui-même au fil du récit. Mais c’est là un bien petit reproche, alors que certains – et je ne citerai pas de nom – sont capables de vous tartiner des briques de 450 pages sur deux idées en offrant au final un bouillon tiédasse qui manque d’épices.

 

Samuel Paladino, avec ce deuxième opus montre qu’il faudra le suivre dans les années à venir, pour voir grandir et maturer son talent naturel de raconteur d’histoire.

 

Interview de Samuel Paladino ici

 

La porte par Samuel Paladino, Editions Rebelle

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