PALADINO Samuel 01

Auteur / Scénariste: 

Et puisque j’avais un peu de temps, je me suis permis de déranger Samuel Paladino pendant cet été, entre pandémie et canicule, pour qu’il réponde à quelques questions. En toute logique, puisque La porte est son deuxième roman, je lui ai proposé une interview qui tourne autour du chiffre… Deux !

Allez, je commence par une question bien bateau, histoire de se mettre à l’eau et à l’aise. Parle-nous de l’angoisse du deuxième roman ?

J’ai terminé d’écrire La porte avant la sortie de Chantage. L’idée était d’avoir une longueur d’avance. L’angoisse est restée loin de moi. C’est durant un séjour dans le Var, l’été dernier, que j’ai réalisé l’importance de ce deuxième roman. Une autrice avec qui je mangeais m’a dit entre deux verres de rosé que le plus difficile n’était pas le premier, mais bien le second roman, car c’était là que l’on vous attendait au tournant. Heureusement, il était déjà écrit depuis longtemps et je terminais à l’époque sa relecture avant de l’envoyer au service correction de ma maison d’édition.

 

Cette idée pour ce deuxième roman, elle t’est venue assez vite ? Ou tu en as eu deux avant que tu as jetées à la poubelle ?

L’inspiration est une énergie étrange. On ne sait pas trop d’où elle arrive. Elle peut frapper n’importe où et n’importe quand. Sous la douche, en soirée, au détour d’une ruelle... Je fonctionne à l’idée de base, c’est-à-dire que lorsqu’une idée me plaît, je la résume sous forme d’une question commençant par « et si ». En ce qui concerne La porte, je me suis inspiré d’une ancienne maison de maître appartenant à mes grands-parents de cœur. Quand j’étais enfant, Elsa, la propriétaire, me gardait quand mes parents et mes grands-parents travaillaient. J’avais pour terrain de jeu les grandes pièces aux plafonds hauts, l’immense jardin et la cave avec ses voûtes en pierres sèches et ses murs aux briques inégales. Je ne sais plus d’où m’est venue l’idée d’une porte cachée dans la cave. Ce qui m’a plu, c’est cette histoire d’une famille débarquant dans une vieille baraque dont ils viennent d’hériter et la relation étrange que le père entretient avec elle. Je m’aperçois que je n’ai pas encore répondu à ta question. Après Chantage, j’ai entamé l’écriture de trois romans de manière simultanée. Je pense que La porte a pris le dessus parce que l’histoire transpirait une angoisse latente et que c’était le bon moment pour moi d’explorer les coins et les recoins de cette bâtisse pour voir ce qu’il s’y cachait. Je me suis d’ailleurs surpris, assis sur le lit au beau milieu de la nuit, à avoir peur de ce que j’étais en train d’écrire. Il y avait donc deux romans en cours d’écriture en même temps que La porte et l’inspiration m’est venue facilement.

 

Cite-moi deux mots que tu détestes et que tu ne mettrais jamais dans un roman.

J’aime tous les mots. Par contre, je ne pense pas un jour associer « beau et riche» dans un roman. Ils sonnent de manière trop parfaite. J’aime tout le contraire dans la description des protagonistes d’un roman. L’imperfection, le défaut. Je trouve que les griffes dans la carrosserie des personnages leur apportent une certaine humanité. C’est, selon moi, ce qui les rend crédibles et attachants.

 

Quels sont les deux personnages de fiction (littéraire ou autre...) dont tu voudrais écrire une aventure ?

Tom de Camping paradis dans une relecture intitulée Le camping de l’horreur et Cobra du manga de Buichi Terawasa. L’adaptation en dessin animé me faisait vraiment flipper quand j’étais gosse.

 

La porte, c’est un titre qui s’est imposé à toi de suite ? Ou tu en avais deux en réserve ?

J’aime les titres simples et courts qui vont droit au but. Celui de La porte m’est apparu comme une évidence pour figurer sur la couverture de mon second roman. Et puis, rien de tel qu’une porte et des bruits étranges juste derrière pour bien faire flipper, pas vrai ? En tout cas, c’est ce que je pense.

 

Cite-moi deux films que tu pourrais regarder l’un après l’autre, sans discontinuer pendant 22 heures ?

Les affranchis de Martin Scorsese, car j’adore les films de gangsters mettant en scène la mafia italienne et The Doors (ben tiens) d’Oliver Stone. Val Kilmer est exceptionnel dans le rôle de Jim Morrison et les scènes relatant les concerts sont psychédéliques à souhait.

 

T’est-il déjà arrivé d’avoir envie d’écrire à deux ? Et si oui, avec qui ?

Non, cela ne m’est pas arrivé. J’aime être libre d’écrire ce que je veux, comme je le veux et quand je le veux. Je pense que si je réalisais l’exercice un jour, je préférerais qu’il n’y ait pas de plan d’écriture. Je me contenterais d’écrire le chapitre concernant mon/mes personnage/s immédiatement après la lecture du chapitre précédent rédigé par ma/mon pote de jeu. La démarche atteindrait alors une dimension créative intéressante, du moins, je le pense. Il faudrait aussi qu’il/elle écrive vite. Je déteste attendre.

 

Le défi qui tue. Résume La porte en deux phrases. Et donne envie à celles et ceux qui ne l’ont pas encore découvert de foncer dans la librairie la plus proche.

Une scène de crime, un sol jonché de cadavres et de taches étranges. Un flash-back mettant en scène un père de famille découvrant une porte cachée dans la cave de cette même maison.

 

Sur une échelle, de 1 à 2, ou 1 est « j’abhorre » et 2 est « J’adore ». Quelle note donnes-tu à 

  • - La choucroute : 2, attention, pas en conserve.
  • - Les plantes vertes (hallucinogènes ou pas) : 2, en toutes circonstances.
  • - Le Jack Daniels : 2, idem que pour les plantes vertes.
  • - Florent Pagny : 1, mais il a un sacré organe.
  • - Harlan Coben : 2, au bord de la piscine quand le soleil tape sur la caboche.
  • - Marc Levy : 1, ce n’est simplement pas mon genre littéraire.
  • - Le curling : 1, un sport trop rapide pour moi.
  • - Mary Higgins Clark (fais gaffe, elle est morte…) : 2, elle a quand même une sacrée classe, la madame.
  • - L’humour noir : 2, sans sucre et sans lait.
  • - La tarte aux concombres : 2, jamais goûté, mais au bord de la piscine avec l’ami Coben et un verre de Jack après une bonne choucroute tout en admirant les plantes vertes, en pensant à la classe de madame Clark et en me remémorant la blague aux relents d’humour noir entendue le matin même au PMU du coin, ça doit être juste sublime.

 

Je t’offre exceptionnellement un peu plus que deux mots pour nous parler de ton avenir... D’écrivain.

Quelle générosité ! J’apprécie. Mon troisième roman sortira en novembre 2020 chez Rebelle éditions. Je le résume en deux mots : harcèlement et vengeance. Le fantastique, même saupoudré restera loin de la piste de danse cette fois. La réalité peut être bien plus effrayante que les ombres planquées dans les caves et les voix surgissant de nulle part. Actuellement, trois livres sont sur le feu. Deux me font vraiment de l’œil, mais juste hier, une nouvelle idée de base a pointé le bout de son nez. Je verrai laquelle sera la plus insistante et jouera des coudes pour s’émanciper avant les autres.

 

Critique de La porte ici

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