Norway Of Life

Réalisateur: 

Un monde parfait


Le récidiviste

Andreas descend d’un bus qui vient de le laisser au beau milieu d’une immense étendue désertique où trône une station essence délabrée. Un homme lui souhaite la bienvenue puis le conduit en voiture jusqu’à une ville inconnue. Andreas n’a aucun souvenir de sa vie antérieure et ignore totalement comment il est arrivé là. Dès son arrivée, on lui remet les clés d’un appartement, on l’intègre immédiatement au sein d’une entreprise où on lui confie un travail peu contraignant et on lui fait même rencontrer la femme idéale. Si, en apparence, tout semble absolument idyllique dans ce “meilleur des mondes”, Andreas se sent pourtant de plus en plus mal à l’aise. Il a conscience que quelque chose cloche mais a bien du mal à définir ce que c’est. Alors que tout son entourage nage dans le bonheur, il déprime, de plus en plus, dans cette étrange ville où tout est gris et terne, où la nourriture n’a aucune saveur, où les odeurs (bonnes comme mauvaises) n’existent pas et où il n’y a aucun enfant. Après avoir tenté, à plusieurs reprises, de se suicider mais sans succès, Andreas fait, pas hasard, la connaissance d’Hugo qui a découvert dans un mur de la cave de son immeuble un mystérieux trou dont s’échappent bizarrement de merveilleux sons. Aurait-il enfin trouvé là un moyen de s’échapper de cette ville ?

Sans issue



Le scénario nous décrit un monde où tout fonctionne à merveille mais où il n’y a plus aucune place pour les sentiments et les émotions. Plus personne ne se rappelle même ce que c’est. Dans cet endroit, la vie est devenue tellement parfaite et “politiquement correcte” que même la mort n’y a plus droit de cité. Toutes les tentatives de suicide, même les plus désespérées, sont systématiquement vouées à l’échec d’autant plus que l’intense douleur ressentie à ce moment-là devrait théoriquement décourager la récidive. Des équipes de “nettoyeurs” sont d’ailleurs là pour y veiller en permanence.


Avec Norway Of Life, le spectateur va vivre une bien étrange expérience, hors du commun, car tout concourt ici (mise en scène stylisée, décors de la ville et design du mobilier, comportement des habitants, etc) pour le décontenancer au maximum. Le héros (qui semble être “Le Prisonnier” coincé dans un épisode de La Quatrième Dimension) est sans cesse confronté à des situations absurdes et burlesques (le summum étant atteint lors de sa tentative de suicide dans le métro). Cette satire grinçante du mode de vie occidental et de la société de consommation nous plonge littéralement en plein cauchemar éveillé. Même si la chute finale laissera malheureusement le spectateur sur sa faim, il n’en reste pas moins que ce film étrange venu d’ailleurs vaut largement le détour pour son incontestable originalité et son incroyable humour pince-sans-rire. En sortant de la salle de cinéma, on se demande si, après tout, il ne vaudrait peut-être pas mieux se contenter de ce qu’on a plutôt que de toujours en vouloir plus !

Norway Of Life

Réalisation : Jens Lien

Avec : Trond Fausa Aurvaag, Petronella Barker, Per Schaaning, Birgitte Larsen, Johannes Joner, Ellen Horn, Anders T. Andersen.

Sortie le 28 mars

Durée : 1h 35

Sections: 
Type: