Jennifer's Body

Réalisateur: 

Le diable au corps



L’associé du Diable

A Devil’s Kettle, une petite ville du Minnesota, Jennifer Check et Anita “Needy” Lesnicki sont les meilleures amies du monde depuis leur plus tendre enfance mais les années ont passé et, une fois arrivées au lycée, les choses ont changé entre elles. Jennifer est devenue la pom-pom girl la plus populaire et la fille la plus sexy du lycée avec qui tous les garçons rêvent de sortir tandis que Needy, qui se sent moche (bien qu’elle ne le soit pas) en comparaison de sa copine, suit cette dernière comme son ombre et finit par se plier à tous ses caprices.


Un soir, Jennifer entraîne Needy au bar, qui fait office de lieu de rendez-vous à tous les jeunes du coin, pour y assister au concert qu’y donne un obscur groupe de rock dont le chanteur, Nikolai Wolf, est prêt à tout pour faire carrière. Pour arriver à ses fins, ce dernier n’a pas hésité à passer un pacte avec le Diable qui lui a promis fortune et gloire en l’échange du sacrifice d’une jeune vierge. Jennifer est enlevée par le groupe de musiciens mais le rituel satanique tourne mal. Possédée par un démon qui fait d’elle une succube, Jennifer se met alors à séduire tous les garçons de son lycée, les uns après les autres, avant de les dévorer goulûment. Needy est la seule personne à pouvoir stopper le carnage au risque d’y perdre la vie ou de devoir tuer son amie d’enfance.

Les dents de la nuit


Contrairement à de nombreux teen-movies, le scénario prend le temps d’explorer la psychologie des deux amies d’enfance. Au fil des ans, elles ont évolué de façon différente et n’ont quasiment plus rien en commun. Needy est une jeune fille intelligente et studieuse mais au tempérament effacé et anxieux qui a grandi dans l’ombre de son amie tandis que Jennifer est devenue une vraie bombe avec un physique de rêve, qui est très cool et très sûre d’elle. Malgré leurs différences et leurs divergences d’opinion sur leur façon de concevoir la vie, leur amitié a quand même survécu à tous ces changements et elles sont restées très proches même si des tensions sont perceptives entre elles. Elles ont toujours fonctionné ainsi, elles sont loyales l’une envers l’autre et c’est important pour Needy de se sentir acceptée par Jennifer même si cette dernière se sert d’elle comme d’un faire-valoir ce dont elle a d’ailleurs parfaitement conscience. Par contre, lorsqu’il s’agit de montrer les personnages masculins qui sont victimes de l’appétit insatiable de Jennifer, ceux-ci sont dépeints comme des caricatures du genre (le costaud de service, le gentil ringard, le gothique, etc.). C’est aussi l’occasion d’aborder un certain nombre de thèmes liés aux ados aux prises avec leurs démons comme la rivalité entre filles, la sexualité, la perte de l’innocence, la recherche de la célébrité à tout prix ou encore la dictature de l’apparence (lorsque Jennifer est affamée et devient blafarde, elle n’est plus la jeune fille canon et resplendissante qu’elle est habituellement mais elle perd sa beauté et ressemble à n’importe quelle ado “normale” au physique banal).


Karyn Kusama joue avec les décors et leurs accessoires pour renforcer l’ambiance horrifique. Au fur et à mesure que les choses empirent pour les personnages, les éclairages baissent en intensité et les contrastes sont plus marqués tandis que la radieuse Jennifer (qui passe de la proie lors du sacrifice organisé par la bande de rockers sataniques à la prédatrice lorsqu’elle est possédée par le démon) laisse la place à une créature blafarde et souffreteuse qui “reprend du poil de la bête” après chaque repas où elle dévore à pleines dents l’un des jeunes hommes qu’elle a attiré dans ses filets. Lorsqu’elle mange une de ses victimes, son visage se déforme de façon hideuse (elle présente alors une certaine ressemblance avec celle des vampires de 30 Jours De Nuit) dont l’effet est obtenu grâce à une série de plans qui mélangent l’utilisation de maquillages spéciaux, de prothèses et d’effets visuels. Sa mâchoire se désaxe et ses joues se déchirent, laissant apparaître une “bouche” pleine de dents pointues et acérées.

Malgré le sarcasme des dialogues et l’autodérision dont font preuve les deux amies d’enfance vis-à-vis d’elles-mêmes, ce qui est censé être “comique” ne fait ici que quelquefois sourire tandis que le gore, bien que présent, reste très soft (voire même trop) même si les effets de maquillage (réalisés par KNB) ainsi que les effets visuels sont vraiment réussis. L’intrigue fait singulièrement penser à Teeth mais malheureusement sans en posséder son aspect sulfureux.

Jennifer’s Body

Réalisation : Karyn Kusama

Avec : Megan Fox, Amanda Seyfried, Adam Brody, Johnny Simmons, J.K.Simmons, Amy Sedaris

Sortie le 21 octobre 2009

Durée : 1 h 45

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