Jean-Pierre Marielle

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Un auteur touche-à-tout

On a connu Stéphane Koechlin avec Bob Dylan épitaphes 11 (Flammarion, 2004) ou bien plus tard avec Les secrets de la conquête spatiale (éditions du Rocher, 2021). Mais il était aussi amateur de cinéma en général et de Jean-Pierre Marielle, acteur génial mort en 2019, à qui il a déjà consacré une biographie. Le voici de retour aux éditions Hugo avec un nouvel ouvrage sur l’acteur des Galettes de Pont-Aven.

 

Un portrait foisonnant

De ce (beau) livre, plein d’anecdotes drôles, émouvantes, croustillantes, plein aussi d’images d’une autre époque qui va finir par devenir un âge d’or (les années 1958-1990) émerge le parcours d’un acteur hors normes. Voilà quelqu’un qui fait le conservatoire avec Belmondo et Rochefort, travaille un temps avec Jean Vilar (qui le vire) sans se démotiver. Des seconds rôles au cinéma avec Belmondo toujours (l’ami d’une vie), De Funès ou Fernandel, et au théâtre avec la grande Delphine Seyrig le font vivre avant qu’il explose dans les années 70. Dans sa quarantaine, il devient un acteur phare, grâce à sa présence, grâce à cette voix grave, inimitable et à ce grain de folie qui le rend incontournable. À sa façon de rendre la paillardise de Joël Seria aussi. Ce livre permet de comprendre cette trajectoire, pleines de bons films : Que la fête commence, Les galettes de Pont-Aven, Calmos, On aura tout vu

 

Et le rebelle devint une institution

Marielle provoquait, Marielle agaçait, Marielle méprisait les récompenses et les cérémonies (il est mon grand homme). Mais il finit par s’embourgeoiser, par s’institutionnaliser dans les années 80 et 90. Excellent chez Sautet, il manque le César du meilleur acteur avec Tous les matins du monde de Corneau, où il tente d’emprunter le chemin de son copain Noiret. Mais Marielle n’est pas ça. Il faut voir sa folie dans Les grands Ducs de Leconte, son dernier chef-d’œuvre, aux côtés d’un Rochefort tout aussi survolté : du grand art. Voir aussi comment il sauve Le sourire ou La petite Lili de Claude Miller. Voir comment il brille dans tant de films passables après les navets des années 70 (genre Pétrole ! Pétrole !). Marielle était un stradivarius, un acteur surprenant et souvent mal employé. Je m’étonne toujours que Chabrol, ce grand pince sans-rire, ne l’ait jamais employé… En tout cas, ce bel ouvrage de Stéphane Koechlin lui rend un hommage plus que mérité.

 

Stéphane Koechlin, Jean-Pierre Marielle, le livre qui montre la voix, Hugo, ISBN ‎ 9782755667165, mai 2023, 224 pages, 19,95 €

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