Grand comme le monde

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Pour la première fois, il tourne le dos à la caravane, au bois, à tout ce qu’il connaît. Il tourne le dos au père et il répète : Je pars. Qu’est-ce qu’il pourrait dire d’autre ? Je pars pour dire le poids du corps, la brûlure du silence, la solitude, l’inévitable et le devoir. Je pars pour dire en un mot ce que mille ne sauraient révéler. Pour ne pas user le peu de force qu’il lui reste et d’un geste de la main montrer au loin ce qu’il laisse en haussant les épaules…. Un silence à hauteur d’homme, tapi dans le coeur d’un enfant. »

Ainsi débute l’histoire de Pepo. Une nuit de décembre, le père meurt. Commence alors pour l’enfant un long chemin d’apprentissage pour revenir au centre des hommes et de la Ville, celle qui, paraît-il, avale la tête des gens. Tiraillé entre le besoin de vivre sa propre destinée et celui de ne pas trahir ses origines, il n’aura de cesse de faire des allers-retours entre sa vie d’enfant sauvage et son envie de retrouver une place dans le monde.

Grand comme le monde est un roman atypique, un peu à l’image de son autrice, Lou Vernet, qui toujours tisse ses phrases pour nous offrir une véritable dentelle de mots. Ici, en déroulant son intrigue au gré des saisons et des quatre parties qui composent ce roman, elle nous offre, à travers l’histoire de Pepo, une ode à la vie, à l’amour de la famille, à la nature et aux livres. Son père, bien qu’absent, est un personnage à part entière, sûrement aussi important que Pepo lui-même. Les thèmes abordés sont intemporels : la vie, la mort, la maternité, l’amour filial, le deuil, mais aussi la notion de clan ou la soif de connaissance. Pour grandir et atteindre l’âge adulte, le petit garçon va devoir apprendre à vivre en dehors de son espace et de son clan, s’affranchir des chaînes qu’on lui a inculquées et partir à l’aventure afin de découvrir le monde, mais aussi qui il est. Un texte intimiste, à portée philosophique et écrit de manière très poétique, qui fait facilement passer du rire aux larmes.

Extraits :

« Ainsi, nous ne serons jamais plus ensemble, et le monde pourra faire tout le bruit qu’il veut, ton silence sera toujours plus fort que lui. »

« Au moins une fois par jour, être dans le giron du monde, là où naît toute chose. Écrire pour pouvoir respirer. »

« Aussi omniscient qu’impuissant, l’homme est comme une plume d’oiseau, qui balaie l’espace entre deux rives et tente de dessiner un pont qui servira à la traversée des possibles. »

Je remercie les Éditions M+ pour ce joli service presse.

 

Parue sur Beltane (lit en) secret

Grand comme le monde, Lou Valérie Vernet, éditions M+, 18,90€

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