LIVYNS Frédéric 03

Auteur / Scénariste: 

Comment t’est venue l’idée de ce roman ?
J’avais envie d’écrire un roman fantastique classique axé essentiellement sur l’atmosphère. Durant mon adolescence, certains romans me faisaient rêver tant ils regorgeaient de mystères. Je pense notamment au « Château noir » de Gaston Leroux ou encore « Le château des Carpates » de Jules Vernes. J’avais envie, à mon tour, de créer une ambiance particulière : lourde et à l’angoisse diffuse. Je désirais sortir des huis clos auxquels j’étais habitué dans les nouvelles pour me livrer à un chassé-croisé grandeur nature.

 

Pourquoi l’avoir situé en Bretagne ?
Pour deux raisons. La première est que la Bretagne est une région tellement riche en légendes qu’elle se prêtait naturellement à ce petit jeu. Je pouvais enchevêtrer certaines croyances populaires au sein d’une trame purement imaginaire. J’ai situé le roman volontairement dans une Bretagne d’une autre époque, hors du temps. L’histoire se passe de nos jours mais le village est toujours ancré dans ses superstitions. La seconde raison est que j’avais toujours eu envie d’écrire sur l’Ankou, d’en faire le personnage d’une histoire à part entière. Cette fascination date de ma découverte de la bande dessinée « L’ankou », une aventure de Spirou et Fantasio. « Le souffle des ténèbres » m’offrait cette possibilité et c’est donc tout naturellement que cette figure légendaire se trouve en bonne place dans le roman. D’ailleurs, le roman se passe dans le Finistère, tout comme la BD. Une sorte de clin d’œil.

 

Les faits historiques que tu cites dans ton roman sont-ils réels ?
En grande partie oui. La vie de Gilles et Marie de Rais est en grande partie réelle. Je me suis juste permis une digression historique pour les besoins de la narration et pour asseoir le pacte passé avec les forces du mal en ce sens où Marie de Rais n’a jamais eu d’enfant. Les épidémies de peste et de choléra ont, elles aussi, réellement existé dans cette région aux dates citées. Idem pour les famines. De même, le village de Munoz est pure invention mais l’axe géographique sur lequel il est placé, entre Botmeur et Commana, est réel.

 

Ton livre est présenté comme un roman, n’est-ce pas un peu court pour appeler cela un roman ?
J’ai envie de dire oui et non. C’est une remarque qui, au fil des chroniques, est souvent faite avec ce roman mais dans le sens positif du terme. La majorité des lecteurs a tellement apprécié l’ambiance qu’ils auraient aimé prolonger ce moment. J’avais envie de construire le roman sur un laps de temps très court, quelques jours tout au plus. Prendre le lecteur par la main et l’entraîner dans une spirale infernale, à un rythme échevelé, sans lui laisser le temps de respirer. Planter le décor et les personnages suffisamment pour que le lecteur les voit comme moi, tout en lui laissant une part d’interprétation, d’imagination.

Le roman est court, c’est un fait. Certains diront même qu’il s’agit plus d’une novella que d’un roman à proprement parler. Je crois que tout est aussi une question d’époque. Quand j’étais adolescent, sans tomber dans le trip vieux gâteux, il y avait des romans qui n’étaient pas plus longs que « Le souffle des ténèbres » sans que l’on en remette en cause l’appellation « roman » pour autant. Je pense notamment aux romans de la collection Haute Tension des éditions Hachette, à « L’échiquier fabuleux » de Lewis Padgett aux éditions J’ai Lu ou encore à « Les océans du ciel » et « Brebis galeuses » de Kurt Steiner aux mêmes éditions. J’ai lu classifiait d’ailleurs ses romans sous des volumes dont le nombre d’étoiles sur la tranche correspondait à l’épaisseur. 1 étoile correspondait aux plus fins. Ils tournaient autour de 130 à 180 pages pour la plupart. Plus proche de nous, je citerai « Le livre du grand secret » de Serge Brussolo aux éditions J’ai lu qui fait 125 pages ou encore « L’enfant des cimetières » de Pierre Bruhlet qui en fait 140.

Mais il est clair que les gros pavés sont plus à la mode. Cela se voit auprès de certains éditeurs qui ne publient pas sous un certain nombre de signes. L’histoire prend la place qu’elle doit prendre à un moment donné. C’est, selon moi, le principal.

 

Quels sont tes projets ?
Plusieurs choses sont planifiées mais je suis certain que d’autres viendront se greffer en cours de route.

Au niveau des rééditions, je peux annoncer que « Entrez… », mon premier recueil de nouvelles, sortira aux éditions Kirographaires en avril 2013. « Catharsis » se réédité dans la foulée auprès du même éditeur. Au niveau des soumissions, j’ai envoyé un roman jeunesse « L’avènement des Grisommes » auprès de différents éditeurs et j’attends les retours.

Au niveau des romans en voie de finalisation, il y a un roman fantastique intitulé « L’obscur » et un autre nommé « Eclats d’âmes ».

Un recueil de nouvelles intitulé « Sutures » verra bientôt le jour si tout va bien.

« Danse de sang », un roman fantastique inédit paraîtra quant à lui aux éditions Val Sombre courant 2013.

Je travaille encore et toujours sur la fin de « Amy », la suite de « Oxana » et une BD pour enfants.

Une nouvelle année pleine de projets qui, je l’espère, aboutiront pour la plupart.

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