Ardoise magique (L')

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Loin des romans pré- ou post-apocalyptiques, Anne Lanièce nous propose un certain nombre de moments de la vie de l’héroïne, journaliste prise dans le bouillonnement des oppositions entre scientifiques, écologistes militants et défenseurs du désordre et du gaspillage établis, et de ses amis et connaissances, confrontés à une découverte inattendue, celle d’une forme de vie qui ne vieillirait pas, qui posséderait une possibilité d’immortalité.

Mais les différents incidents et accidents de l’année racontée n’aboutissent à aucune crise, aucun paroxysme, qui donnerait un roman d’action ou de démonstration. Les hypothèses sont sur le papier, sans conclusion imposée : au lecteur d’imaginer, s’il le veut, une conclusion paroxystique, une disparition possible dans un futur plus ou moins proche de l’humanité et le développement de cette nouvelle vie, celle du 8° jour.

Il n’empêche que ce roman oblige à réfléchir : sans même envisager cette découverte d’une forme de vie susceptible de nous survivre, la réflexion sur les différentes impasses techniques et biologiques auxquelles nous sommes confrontés et différentes positions possibles...

L’idée que présente le titre est celle que notre planète est, comme ce jouet d’autrefois qu’on effaçait avant de redessiner dessus, une ardoise sur laquelle la vie crée des espèces successives, comme des palimpsestes. Comme un des personnages au moment où la comparaison est faite, je n’ai pu m’empêcher de me rappeler que ces ardoises magiques finissaient, au bout d’un certain nombre de dessins, par ne plus accepter les nouveaux dessins. Avec sa volonté de contrôle et la destruction de tout ce qui ne lui sert pas immédiatement, l’espèce humaine n’a-t-elle pas épuisé les capacités de renouvellement de l’ardoise ? Anne Lanièce veut nous proposer une réponse optimiste du point de vue de la Vie... Mais laisser à la Nature le soin de créer l’espèce suivante, n’est-ce pas une autre façon de renoncer à oeuvrer pour que l’espèce humaine ne disparaisse pas en ayant tout détruit ?

Bien construit, le roman ne prétend pas répondre à cette question, qu’il rappelle à notre réflexion.

L’Ardoise magique d’Anne Lanièce, couv. Florian Marait, 16€50, ISBN 9782918056157, Éditions Souffle du rêve, 2011, 249 p.

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